Retraite: une autre réforme est possible

La question des retraites va être centrale dans les prochains mois.

Le gouvernement défend une réforme injuste, individualiste et qui poussera une grande partie des retraités à vivre dans la précarité et/ou les salariés à s’épuiser au travail avant de pouvoir partir à la retraite.

Le système Macron par points est à l’image de sa politique : injuste

Il est destiné à faire des économies sur le dos des salariés en accélérant la baisse de leurs pensions et en reculant l’âge de la retraite pleine et entière. La mise en place de nouvelles décotes recule l’âge réel de la retraite à 64 ans, voire 65 ans. Le retraité partant à l’âge légal de 62 ans, même avec une carrière complète (43 ans cotisés) verra sa pension amputée d’une décote de 10%.

Un système par points au service de la finance, au détriment des retraités

Le régime universel par points, c’est la disparition des 42 régimes de bases et complémentaires existants : on nous rabâche que ce sera plus simple et plus équitable. Mais aujourd’hui ces 42 régimes prennent en compte toutes les spécificités professionnelles et réparent les inégalités ou les contraintes particulières des différents métiers. C’est aussi la suppression des dispositifs de départ anticipé liés à la pénibilité pour de nombreux salariés. Ce système de retraite s’inscrit dans un projet de société construit sur le modèle libéral : il met en place un mécanisme purement gestionnaire et comptable de la retraite. Les points acquis pendant la vie professionnelle ne garantiront pas un niveau de pension.

Le montant de la retraite, cet inconnu …

La valeur du point au moment de la retraite sera tributaire de la conjoncture économique ou démographique. Sera-t-elle décidée à Bercy ou à Bruxelles ?

Les pensions ne seront plus déterminées en référence aux salaires mais dépendront de la situation économique ou de l’explosion du nombre de départs à la retraite : le point baissera et la pension sera plus faible. En Allemagne et en Suède où un tel système existe, le montant des retraites a baissé fortement et rapidement.

On pourrait croire nos dirigeants et penser que c’est inéluctable, sauf que … les dividendes mondiaux n’en finissent pas de grimper. Au 2e trimestre de cette année, ils atteignent 462,93 milliards d’euros pour les 1200 plus grandes entreprises mondiales, selon une étude menée par le fonds de gestion Janus Handerson Investors. La France reste championne d’Europe avec 47 milliards d’euros où Thales est bien placé !

Alors STOP ou ENCORE ? Encore des sacrifices pour les salariés et la suraccumulation de capital pour les gros actionnaires ou doit-on rompre avec cette logique pour le bien de tous ?

2 Français sur 3 sont opposés à la réforme des retraites que prépare le gouvernement, 93% d’entre eux refusent la baisse de leur pension.

C’est pourtant ce qui est envisagé avec le régime par points préconisé par Emanuel Macron et construit par Jean-Paul Delevoye : les périodes de petits boulots, de précarité, temps partiel, de maladies, de congés maternité, la formation ne seront plus compensées en durée de cotisation             

Ce projet constitue la casse structurelle de notre système, pour concéder la manne financière des cotisations aux grandes banques. La 1e conséquence sera un effondrement du niveau des retraites. Ensuite, il y a fort à parier que les salariés se tourneront vers des assurances privées pour financer leur retraite. C’est donc la fin programmée du système solidaire par répartition où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Le système de retraite par capitalisation n’est pas une solution fiable. Il faut développer le système par répartition à la française. D’autant que ce dernier, ne peut être en faillite contrairement aux fonds de pensions.

Pour défendre et améliorer notre système de retraite, la CGT porte des propositions de progrès social

Bien entendu, notre système actuel mérite d’être amélioré :

  • Revenir à une retraite à 60 ans : on vit plus longtemps aujourd’hui parce qu’on travaille moins longtemps. Changer cette tendance conduirait à l’effet inverse.
  • Avec un niveau de pension au moins à 75% du revenu net d’activité en fin de carrière, parce que vivre à la retraite ne consiste pas à seulement survivre.

A qui fera-t-on croire que notre système de retraite actuel, créé à la Libération dans un pays ravagé et ruiné par la guerre, devrait se traduire par une régression sociale généralisée dans une des plus grandes puissances économiques du monde ?

Qui peut prétendre que maintenir plus longtemps dans l’emploi les seniors est bon pour l’emploi : les seniors sont trop nombreux parmi les chômeurs de longue durée et les juniors sont livrés à la précarité (entre les stages, les petits boulots, le chômage ou le RSA) ?

La CGT a travaillé plusieurs pistes chiffrées et réalistes pour améliorer les droits à la retraite et les financer :

  • Supprimer les exonérations de cotisations sociales des grosses entreprises rapporterait 20 milliards d’euros.
  • Renforcer la qualité des emplois, garantir leur stabilité, améliorer le niveau des salaires et les conditions de travail.
  • Appliquer une politique volontariste d’égalité salariale entre les femmes et les hommes améliorerait les salaires et aussi la retraite des femmes ; cela rapporterait plus de 6 Milliards d’euros aux régimes de retraites actuels.
  • La validation de 3 années d’études au moins, de formation initiale  ou continue, de recherche du 1er emploi ou période de précarité pour les jeunes (aujourd’hui ils trouvent un emploi stable en moyenne à 27 ans).
  • Le droit de travailler jusqu’à l’âge de la retraite : moins d’un salarié sur deux est en emploi à partir de 55 ans, alors que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans à tripler depuis 10 ans.
  • Reconnaitre la pénibilité au travail, avec l’aménagement des fins de carrière et le droit à un départ anticipé à la retraite à taux plein à 55 ans voire 50 ans pour les métiers les plus pénibles : garantie d’une espérance de vie en bonne santé pour tous !
  • Améliorer la reconnaissance et la prise en compte du handicap pour les droits à la retraite.
  • Réindexer les retraites sur le salaire annuel moyen et non sur l’inflation, facteur de décrochage de pouvoir d’achat entre les actifs et les retraités.

Les propositions CGT pour augmenter et pérenniser le droit de retraite jusqu’à l’horizon 2050 nécessite de 100 à 200 milliards d’euros.

Il y a suffisamment d’argent pour les financer : arrêtons les cadeaux à la finance et aux gros actionnaires, partageons autrement les richesses pour augmenter les salaires et le niveau des pensions.

Du 5 au 8 novembre auront lieu les Élections Professionnelles, VOTER  CGT c’est donner du poids à vos revendications locales du site de Gennevilliers ou de l’entreprise, mais c’est aussi donner du poids à ces propositions de progrès social au niveau national. Alors n’hésitez pas, VOTEZ CGT !

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