Le temps, c’est de l’argent !

Aujourd’hui, on parle de temps et d’argent. Dans le travail, les deux sont intimement liés. A tous les niveaux de notre entreprise, la direction œuvre pour nous faire travailler de plus en plus de temps pour de moins en moins d’argent.

Nouveau courrier de l’inspection du travail !

Le 14 octobre, la direction a reçu un nouveau message de l’inspecteur du travail ! Après avoir rappelé qu’on ne pouvait pas utiliser l’âge des salariés comme critère d’attribution des augmentations, celui-ci a demandé à la direction de se munir de badgeuses fiables et infalsifiables.

         Cette demande fait suite à un courrier de notre part quant aux dysfonctionnements dans la mesure du temps de travail des salariés que la direction laisse – volontairement ou pas – trainer… Dorénavant, elle ne pourra pas ignorer que chaque mois passé à demander aux salariés de compenser les manquements de leur système est un mois de plus en décalage avec le droit du travail. Cela dit, comme vous le verrez dans la suite de ce tract, la direction en fait peu de cas.

Temps de présence sur site : l’explosion des dépassements.

Lors du dernier CSE du 22 Octobre, la direction nous a présenté les indicateurs de temps de présence des salariés. Il s’agit d’une présentation des dépassements de temps de travail sur site pour évaluer des risques psycho-sociaux (RPS) éventuels. Trois indicateurs sont retenus : les salariés qui restent plus de 10h sur site, ceux qui partent après 19h30 et les semaines de plus de 48h.

        

Avec l’augmentation des charges, mais aussi l’augmentation du télétravail, nous nous attendions à une stagnation… Nous avons assisté à une explosion ! Sur le seul mois de juin, toutes ces statistiques ont quasiment doublé. Le nombre de journées de présence de plus de 10h est passé de 968 à 1845 !

De surcroit, pour la CGT, cette statistique est forcément sous-évaluée : le temps de télétravail n’est toujours pas mesuré, et les salariés qui ne sortent pas manger ne sont même pas décomptés ! La direction admet depuis plusieurs mois être en décalage avec le droit (encore une fois) quant à l’évaluation du temps de télétravail… Il s’agit pourtant d’un enjeu majeur ! Nombre de salariés admettent faire double journée et se reconnecter le soir, chez eux, pour finir leur travail… En ne mesurant pas ces pratiques et en n’alertant pas les salariés concernés, nous estimons que la direction met les salariés en danger.

Réponse de la direction à l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGC : allez voir ailleurs !

Le 26 Octobre, Pierre-Henri Haran, DRH de TSGF, a répondu au courrier de l’intersyndicale représentative au niveau société. Rappelons-nous tout d’abord que celle-ci ne demandait pas grand-chose : une prime de 1300€ pour oublier la non-rétroactivité et les discriminations de 2021, et de repartir sur de bonnes bases dès Janvier 2022. Nous n’avons pas été consultés quant à ces revendications, La CGT n’étant pas représentative au niveau société (votez pour nous) …

         La réponse de la direction est sans appel : « La politique salariale a […] reposé sur une approche responsable, reconnaissant, par ses diverses composantes, l’engagement de tous, tout en tenant compte du contexte économique traversé depuis le début de l’année 2020 […]. Dès lors nous ne sommes pas en mesure d’accorder une suite favorable à vos demandes relatives à la politique salariale 2021, ni d’anticiper sur la teneur de la négociation annuelle au titre de l’année 2022. »

         Si on s’en tient au discours des représentants CFDT, ceux-ci devraient appeler sous peu à une mobilisation massive en réaction à cette absence de dialogue social. La CGT s’y joindra avec plaisir, si cette mobilisation survient un jour…

Actionnariat salarié… Une nouvelle provocation ?

Vous avez toutes et tous reçu, le mardi 19 octobre 2021, un mail de notre PDG Patrice Caine : En lisant les trois-quarts de son message nous aurions pu penser qu’il répondait enfin à notre lettre ouverte demandant l’ouverture de négociations salariales… Non, il souhaitait simplement vous indiquer qu’en « récompense » de votre implication vous pouviez… acheter des actions Thales !

Nous rappelons qu’en 2020, au plus fort de la crise sanitaire, l’Etat a financé le chômage partiel (aux frais du contribuable) ce qui a permis à Thales de consolider ses comptes, de verser en 2021 de sérieux dividendes aux actionnaires, et d’annoncer en septembre de cette année un acompte sur ceux de 2022. Comme cela ne suffisait pas, le Groupe a fortement restreint nos augmentations de salaire versées en juillet sans rétroactivité pour la première fois dans le Groupe…

En résumé, nous avons fait preuve d’un « engagement sans faille » et démontré notre « résilience » et notre « faculté d’adaptation » et pour nous remercier, Patrice nous donne… le droit d’acheter des actions. Merci patron !

L’idée de départ est de passer le forfait jour d’une base de 210 jours travaillés à 215 jours, donc une semaine de vacances en moins… Un salarié déjà présent pourrait accepter cette augmentation moyennant une revalorisation de son salaire. Les nouveaux salariés qui arriveront après signature de l’accord travailleront déjà plus de jours par an, au même salaire qu’aujourd’hui…

         Dans le contexte des négociations de 2021, cet accord vient tordre le bras des salariés de plus de 33 ans. Vous n’avez pas été augmenté ? Acceptez de travailler une semaine de plus, et votre salaire rattrapera peut-être l’inflation…

Les salariés présents sont déjà bien assez surchargés, et le chômage est encore bien assez haut ! Pour la CGT, la logique est du côté de la diminution du temps de travail.

Vous voulez travailler moins pour gagner plus ? Avoir le temps de dépenser votre salaire ? Ou tout simplement faire le travail d’une seule personne ? Syndiquez-vous.

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