Thales Communications & Security : Je, tu, il, nous partons en mission gratuitement…

RAPPEL DU CONTEXTE

Début juin 2017, nombre de salariés habitués à partir en mission ont été fort surpris de recevoir la note annuelle
provenant de la DRH (Mr Groisy) du Groupe amputée de la partie « forfait métropole Thales », qui était revalorisée
annuellement.
Ce dispositif permettait, aux salariés qui découchaient et utilisaient ce forfait métropole Thales, de se constituer une
plus-value sur les frais, souvent en rognant sur leurs conditions d’hébergement ou de restauration. Cela compensait
les contraintes liées aux déplacements.
L’arrêt brutal de ce forfait a été fait pour, nous a-t-on dit, se mettre en conformité avec les règles URSSAF. Si, en
effet, il est illégal de ne pas déclarer les avantages en nature (la différence entre le forfait Thales France et le forfait
URSSAF), la direction aurait très bien pu faire comme celle de TUS, à savoir, déclarer cette différence sur les feuilles de paie des salariés. Ce n’est pas le choix qu’a fait le groupe Thales.

REACTIONS DES SALARIES

Début juillet, les salariés dont l’activité est principalement d’intervenir pour installer, déployer, maintenir les
équipements ou systèmes de TCS se sont rassemblés sur le site de Cholet et ont décidé de signer une lettre ouverte adressée aux Ressources Humaines de Cholet, TCS et du Groupe. Cette lettre explique les contraintes liées aux déplacements professionnels :
– Génération de stress (du salarié face au client, réussite de la mission, gestion d’imprévus).
– Perte de qualité de vie de famille,
– Situation d’urgence familiale non gérable à distance,
– Risques supplémentaires sur la route (une des causes majeures de mortalité en France),
– Fatigue,
– Perte de vie sociale,
– Mise à l’écart des opportunités professionnelles,
– Avance de frais liée à la non prise en compte de l’American Express,
– Moins de disponibilité pour les obligations personnelles. (Rendez-vous médecin, ophtalmo, dentiste,
banque, école, associations, …),
– Isolement,
– Frais de garde d’enfant.
De plus, pour prouver leur bonne foi, ces salariés ont laissé le temps de la période estivale à la direction pour trouver une solution pour compenser ces contraintes et ont annoncé clairement leur intention de ne plus partir en mission à partir du 1er septembre si rien n’était fait.
Au tout début du mois de septembre, quelques salariés ont été au service des Ressources Humaines de Cholet pour indiquer au DRH que désormais les salariés refuseraient de partir en mission. Cela a aussi été l’occasion de porter à sa connaissance l’accord conclu par TR6 (Thales Air Systems) en indiquant que leur revendication se situait à la hauteur de cet accord. En effet, cet accord prévoit l’institution d’une prime de découché de 49,56€ bruts pour chaque nuit passée en mission pour tous les salariés. Depuis, les salariés de TOSA (Thales Optronique) ont
obtenu la même prime (début octobre).

ET MAINTENANT QUE SE PASSE-T-IL SUR LE SUJET ?

Les salariés de Cholet ont refusé, pour la plupart, de partir en mission en métropole. Ce n’est pas de gaité de coeur,
car ils connaissent l’importance de leurs missions pour nos clients et, en plus, la plupart du temps ce sont les
collègues qui les missionnent (PM ou WPM), et cela met des tensions dans les équipes.
En effet, les organisations syndicales ont eu des échos qu’il existait dans certains services :
– des pressions sur les salariés, au fur et à mesure que l’activité augmentait (septembre et octobre ont été
beaucoup plus calmes au niveau des missions).
– du chantage à la promotion !
Du côté de la direction TCS, c’est la politique de l’autruche. On attend, nous dit-on, que la négociation Groupe sur le
sujet démarre. Cette négociation initialement prévue mi-novembre 2017, a été repoussée en Février 2018 pour
l’instant (source Mr Groisy : DRH Groupe).
Les salariés ont décidé de reprendre les missions France car si cette situation se maintenait ceux-ci risquaient d’être
sanctionnés.

« MAIS MOI, QUI NE ME DEPLACE PAS OU RAREMENT, CE N’EST PAS MON AFFAIRE ! »

C’est faux !
En effet, même si aujourd’hui ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui vous dit que votre poste, demain, n’inclura pas d’être
plusieurs jours par semaine ou par mois en mission.
Exiger une prime de mission n’est pas, comme on peut l’entendre ici ou là, un caprice de privilégiés qui ne veillent
qu’à leurs intérêts. Il faut absolument que tous les salariés se sentent concernés par cette demande de valorisation
des nuitées découchées pour raisons professionnelles (via une prime de mission opérationnelle).
Nous entendons dire ici ou là, « oui, mais les ingénieurs ont un plus gros salaire qui permet de compenser ces
désagréments ». Il faut savoir que cette catégorie socio-professionnelle ne se fait déjà pas payer ses heures de trajet, ni ses heures supplémentaires. Pour cette catégorie, c’est la double peine !
Il faut que les salariés se sentent TOUS concernés et fassent bloc pour refuser des propositions qui tendraient à les
diviser.

ET MAINTENANT, ON FAIT QUOI ?

Les organisations syndicales ont interpellé à tous les niveaux (site, TCS et Groupe) la direction. Les salariés ont mené des actions (pétitions et blocus des missions).
Toutes les demandes des salariés sont restées, pour l’instant, lettres mortes. Il semble que le dialogue social tant
prôné par THALES ne soit qu’un plan de communication.
Certains salariés, appuyés par les organisations syndicales de Cholet, se sont réunis et ont décidé d’agir ensemble
pour l’obtention de la prime de mission opérationnelle, comme celle obtenue par TR6 et TOSA.
Des actions vont vous être proposées par ces salariés et les organisations syndicales, pour faire prendre
conscience à la direction (du site, de TCS et du Groupe) que ce sujet est d’importance et qu’il faut d’urgence aboutir à un accord temporaire TCS, en attendant l’aboutissement de la négociation groupe sur le sujet.
Il est légitime que les salariés de TCS obtiennent une indemnité, tout comme les collègues de TOSA et TR6.
Au-delà de cette bataille, pour compenser les contraintes liées aux déplacements, il semble que la direction du
Groupe ne veuille pas s’arrêter là.

Quels seront les prochains acquis sociaux qui seront rabotés pour rallier les objectifs d’Ambition10 ?

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